Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés aux emballages et où le changement climatique devient une préoccupation majeure, la Fédération européenne des fabricants de carton ondulé (FEFCO) a demandé à CLIMACT de réaliser une étude sur le plan du secteur du carton pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. Ce travail répond à l’objectif du Green Deal de l’UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % d’ici 2050.
Cette ambition couvre l’ensemble de l’empreinte carbone du secteur (champs d’application 1 à 3) et vise à travailler avec l’ensemble de la chaîne de valeur pour atteindre cet objectif (du berceau à la tombe). Pour placer le secteur sur une voie crédible vers la neutralité climatique, une feuille de route pour la neutralité climatique a été élaborée par Climact, en étroite collaboration avec la FEFCO et ses membres.
La feuille de route présente les étapes clés, les scénarios les plus plausibles, les investissements requis et les mesures politiques nécessaires pour atteindre cet objectif.
En 2021, l’industrie européenne du carton ondulé a produit 55,7 milliards de m2 de carton ondulé. En tant que matériau d’emballage, le carton ondulé obtient de bons résultats dans plusieurs domaines du développement durable, car il s’agit d’un matériau très circulaire et facile à recycler. En ce qui concerne le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, la production, le transport et le traitement en fin de vie des emballages en carton ondulé entraînent des émissions et des suppressions de gaz à effet de serre tout au long des différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement. En 2020, l’empreinte carbone totale était de 491 kg d’équivalent CO2 par tonne produite.
Si l’on examine les différentes sources d’émissions tout au long de la chaîne d’approvisionnement, les émissions en amont de la production de papier sont de loin la principale source d’émissions de GES (55 %), suivies de la consommation d’énergie du secteur (20 %), du transport en amont (10 %) et de l’incinération en fin de vie (15 %, principalement des émissions biogéniques). Par approximation, l’empreinte carbone agrégée du secteur s’élevait à 11,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2020.
La production du secteur devrait augmenter compte tenu des changements sociaux, économiques et démographiques et de la demande croissante du marché. Sans efforts supplémentaires, l’empreinte du secteur pourrait atteindre 17,6 millions de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2050. Toutefois, le secteur a l’ambition de réduire son empreinte carbone totale et d’atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050. La réalisation de cette ambition nécessitera des efforts considérables, tant de la part du secteur que de ses fournisseurs et de ses clients, et ce dans trois domaines :
- L’efficacité matérielle et la circularité du secteur peuvent encore être améliorées. Cela permettrait de réduire l’empreinte du secteur de 3,3 millions de tonnes d’équivalent CO2 (soit 19 %) en 2050 par rapport au statu quo.
- Le secteur peut encore améliorer son efficacité énergétique et décarboniser son bouquet énergétique.
Cela permettrait de réduire l’empreinte du secteur de 2,8 Mt CO2 eq. supplémentaires (soit 16 %) en 2050 par rapport au scénario BAU.
- L’essentiel des réductions devra toutefois être réalisé en amont, et notamment en réduisant l’empreinte climatique de la production de papier. Si le secteur du papier réduit son empreinte carbone (fossile) de -80% d’ici 2050 (conformément à la feuille de route de la CEPI), cela permettrait au secteur du carton ondulé d’atteindre la neutralité climatique. Si le secteur du papier élimine totalement ses émissions fossiles, le secteur du carton ondulé pourrait même devenir climatiquement négatif.
En ce qui concerne la consommation d’énergie, les améliorations de l’efficacité matérielle et énergétique pourraient réduire considérablement la consommation d’énergie. Elles permettent au secteur de réduire sa consommation d’énergie de 22 %, même si la production augmente de 45 %. Cependant, même avec une réduction de la consommation d’énergie, la mise en œuvre de la feuille de route augmenterait considérablement la demande de vecteurs énergétiques neutres pour le climat, tels que l’électricité renouvelable et les carburants d’origine biologique.
Les ambitions de la feuille de route pour la neutralité climatique du secteur du carton ondulé ne peuvent être réalisées que si un ensemble de conditions favorables sont réunies.
- Premièrement, étant donné que le secteur du carton ondulé devra réaliser des investissements importants pour atteindre la neutralité climatique (en particulier pour améliorer son efficacité énergétique et décarboniser son approvisionnement en énergie) , un cadre réglementaire stable et prévisible est nécessaire pour soutenir et orienter les investissements dans les chaudières électriques et les changements de combustible.
- Deuxièmement, malgré des améliorations ambitieuses de l’efficacité énergétique, la réalisation de la neutralité climatique augmentera considérablement la demande du secteur en vecteurs énergétiques neutres sur le plan climatique. Les décideurs politiques doivent donc mettre en place des mesures pour garantir un approvisionnement suffisant, sûr et abordable en vecteurs énergétiques neutres en carbone.
- En outre, les infrastructures énergétiques existantes doivent être renforcées et étendues.
- Enfin, comme la majeure partie de l’empreinte carbone du carton ondulé provient d’émissions indirectes au sein de sa chaîne de valeur, des politiques et des mesures clés sont nécessaires pour améliorer la qualité des flux de déchets et permettre la décarbonisation de l’industrie du papier et du transport.
La réduction de l’empreinte carbone (fossile) du secteur du papier de 80 % d’ici 2050 (conformément à la feuille de route actuelle de l’industrie du papier) peut permettre au secteur du carton ondulé d’atteindre la neutralité climatique.
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